Il est des voix\nque le frémissement recueille\ncomme une offrande —\nelles ne restent pas,\nelles nous traversent,\net c’est pour toujours.\n— flora aubin

Il ne m’a jamais parlé.\nPourtant sa voix m’atteint\nquand le monde hésite.

Il pensait\ncomme on veille un feu —\navec l’attention d’un vivant\nau bord du mystère.

Chez lui,\nle mot s’incline.\nLe temps aussi.

Dans cette lenteur,\nquelque chose s’ouvre :\nfragile, incandescent,\ndouloureusement humain.

Il a su approcher l’amour\nsans le réduire.\nL’éthique\nsans l’ériger.

Je n’ai rien à ajouter.\nMais j’aurais aimé sa présence.

Il est de ces hommes rares\nque l’on aime\nd’un amour sans objet —\nune reconnaissance nue.

Certains êtres\nnous relient à ce que le monde\nn’ose plus dire.

Je le remercie\npour ce tremblement laissé.

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